La tour, prends garde !
Mardi 23 décembre 2008
Il faut toujours écouter (ou podcaster) France-Culture : ce matin, la Fabrique de l’histoire rediffusait un excellent documentaire consacré à l’édification de la tour Montparnasse. Avec ces grands classiques bien français : l’intervention décisive de l’Etat (et de son chef), la durée de mis en place du projet (on en parle dès 1959), les bagarres homériques d’architectes. A l’époque, cependant, les édiles parisiens sont réduits à la portion congrue et n’ont pas vraiement leur mot à dire (on entend Michel Caldaguès évoquer cette période). Aujourd’hui, la capitale a un maire élu qui doit tenir compte de l’opinion de ses électeurs… majoritairement hostiles aux tours.D’où l’idée de placer ces immeubles à la périphérie de la ville, continuant à les penser comme des “exceptions” dans une agglomération, en suivant ainsi l’exemple de La Défense. Au fond, les tours, tout le monde est contre dans Paris… et pour à l’extérieur ou à ses marges. La différence d’avec le technocratisme triomphant du gaullisme et du pompidolisme est donc qu’aujourd’hui on se méfie du “progrès” qui, hier, représentait une vertu et presque un sésame. Le hic de l’histoire, c’est que refuser le “progrès” c’est faire une croix sur la modernité. Et réserver aux seuls bâtiments publics la possibilité d’être autre chose que de pâles copies ou des immeubles de haute technologie sous des façades du XIXème siècle. Car où sont les seules tours construites depuis 20 ans ? Elles sont au bord de la Seine et abritent la Bibliothèque nationale de France. Mais cela, c’est le (grand) chef qui l’a décidé et il n’y a que des livres pour les habiter !
USH : ça n’a pas trainé !
Mercredi 17 décembre 2008
Thierry Repentin, le nouveau président de l’USH n’a pas trainé et il a bien raison : la vieille maison si fatiguée de la rue Lord Byron a besoin de sang neuf. C’est chose faite avec la nomination d’une directrice de la communication, venant de l’Ifop et âgée de 36 ans ! Souhaitons bonne chance à Nelly Haudegand qui sera, précise le communiqué, rattachée à Pierre Quercy (le délégué général) : on espère surtour pour elle qu’elle rélèvera du président et qu’elle fera sortir l’Union HLM de l’ère brejnevienne… pour entrer dans le XXIème siècle !
L’optimisme, parce que c’est la seule solution !
Mardi 16 décembre 2008
Quand on trouve ailleurs ce que l’on pense soi-même, il n’est pas interdit de diffuser la “bonne parole”. j’emprunte donc à Thierry Mouthiez, rédacteur en chef d’Expertise Pierre son excellent édito de cette semaine (à paraître demain) :
“Une bonne nouvelle : les professionnels, en tous cas certains, n’ont pas perdu leur sens de l’humour. Nombre d’entre eux souriaient franchement à l’initiative de Pierre Beckerich, lors de l’édition 2008 du Simi (Salon de l’Immobilier d’Entreprise, du 3 au 5 décembre derniers, au Palais des Congrès de la porte Maillot). Cette fois, le stand de sa société Euragone se présentait sous la forme d’une… oasis, pour mieux se désaltérer avant la traversée du désert ! Il est vrai que l’humour permet de dire beaucoup. Un autre professionnel bien connu du secteur caractérisait l’ambiance de ce Simi par ce barbarisme : “la simistrose”. Il ne faisait aucunement allusion à la participation à la manifestation, ses organisateurs annonçant pour cette édition une fréquentation par près de 16 000 professionnels. Il voulait plutôt parler des discussions entre beaucoup d’acteurs du marché. Nous en avons nous-mêmes fait l’expérience : cette année, les conversations portant (pratiquement toutes) sur les perspectives de la conjoncture économique et celles concernant plus particulièrement le secteur de l’immobilier d’entreprise pouvaient être sombres, voire carrément sinistres. Y compris, d’ailleurs, certaines interventions dans les conférences. A telle enseigne que le président d’une société de conseil de renom nous confiait être hors de lui après tant de sinistrose : “il ne sert à rien de s’enfoncer dans une telle noirceur. Au contraire, nous devons nous serrer les coudes pour mieux traverser la période qui va s’ouvrir l’année prochaine”.
Et c’est plutôt notre credo. Non qu’il faillle nier que 2009 sera une année difficile. Comme le précise Gérard Aubert dans une interview exclusive en page 8, les premiers mois de l’année prochaine devraient s’inscrire dans la lignée des derniers mois de 2008. Et comme le fait remarquer ce professionnel d’expérience, “si la crise de l’immobilier qui s’annonce ne dure pas plus longtemps que celle issue de l’éclatement de la bulle internet, nous pourrons être satisfaits”. Néanmoins, comme le souligne un autre professionnel de grande expérience, en l’occurrence Philippe Lemoine, directeur général délégué de Silic (voir son interview en pages 2 et 3), “ces crises sont, dans un premier temps, excessivement difficiles à passer, mais on trouve quelques effets positifs et, notamment, des acteurs qui se remettent en cause, des mentalités qui évoluent et une économie qui peut redémarrer sur des bases plus saines”… Autre analyse encourageante, celle de Benoît du Passage (nous lui donnerons la parole dans notre lettre de la semaine prochaine). Pour le président de Jones Lang LaSalle, désormais, dans l’immobilier d’entreprise, “les cycles seront, certes plus marqués, mais plus courts”… Et il évoque une possible reprise dès 2010. Sous certaines conditions, bien sûr… Sans parler des professionnels qui avouent (pas trop fort !) être désormais en ordre de marche pour saisir les opportunités qui ne vont pas manquer d’apparaître dans un tel marché.
Pour notre part, nous souhaitons nous inscrire aux côtés de ces professionnels qui ne baissent pas les bras. Et dans un marché qui a tendance à se replier sur lui-même, nous nous battrons pour qu’il conserve la plus grande lisibilité possible. Condition sine qua non de sa fluidité, elle-même gage d’un redémarrage le plus rapide possible. Dans ce sens, nous continuerons à mettre en avant toutes les intitiatives prises dans ce secteur qui est aussi le nôtre. Et elles ont été encore nombreuses en 2008. Il faut y voir là le professionnalisme du marché français, l’un de ceux qui résistent le mieux, et de l’ensemble de ces acteurs. Comme chaque année, nous mettrons particulièrement en valeur ces caractéristiques du marché hexagonal lors de notre cérémonie des “Pierres d’Or” (qui aura lieu le 5 février prochain, au Grand Hôtel). La participation – record – à l’élection des lauréats dans chacune des catégories nous amène à penser que 2009 sera, à nouveau, un grand cru. Au bénéfice de tous… “
Il n’y a rien à ajouter !
L’élection de Thierry Repentin, un peu d’air frais à l’USH !
Jeudi 11 décembre 2008
L’élection de Thierry Repentin, proche de Louis Besson, dont il a été le collaborateur, a la tête de l’USH (ex Union HLM) est une TRES bonne nouvelle. Pour des raisons qui tiennent d’abord, bien sûr, à sa personnalité : le sénateur (socialiste évidemment) de la Savoie n’a rien de ces mammouths dont la rue Lord Byron raffole. Il a 45 ans, est facile d’accès, n’a pas été ministre d’Etat (ce dont son prédecesseur, âgé de de 62 ans, était manifestement particulièrement fier), connaît bien le monde du Logement et ne pratique pas la langue de bois qui fait le charme des communiqués de l’USH.
C’est ensuite une bonne nouvelle pour une structure qui a un besoin vital (on repète l’adjectif : vi-tal !) de se moderniser, de s’ouvrir au monde extérieur. Une organisation qui doit sortir de l’ère brejnevienne si elle veut encore compter dans les années à venir. Un indice, parmi d’autres du vieillissement et de l’obsolescence de la maison : l’élection du nouveau président (annoncée par un immomail exclusif) a fait très peu parler d’elle. Le chantier de la communication est sans doute un des premiers que ce jeune sénateur doit et peut relever. Il a aussi la possibilité de s’impliquer dans la vie de l’Union, sans doute davantage que son prédécesseur dont la liste des mandats, fonctions et autres sinécures, donnait le tournis.
On se permettra donc de rêver : avec, côté logement HLM, Thierry Repentin à l’USH et côté parc privé, Marc-Philippe Daubresse à l’Anah (c’est lui qui semble tenir la corde de la nomination pour succéder à Philippe Pelletier, qui aura bien mérité de l’Agence), le monde du Logement pourrait redevenir un lieu d’échanges, d’idées neuves… et d’action. En y ajoutant quelques autres personnalités de qualité ( nous avons quelques idées si on nous consulte !), on pourrait certainement sortir de ce marasme effarant d’une Union HLM, repliée sur son trésor, ses habitudes, son discours aseptisé et ses petites combines. Espérons !
Joelle Chauvin : un “ruban rouge” plein d’émotion(s)
Mercredi 10 décembre 2008
Tout y était ! Le lieu : le ministère du Logement, et ce bel hotel de Castries avec ses boiseries et ses gardes républicains impavides. L’assistance : “tout le monde” de l’immobilier, dans sa diversité, était là (de Michel Moubayed à Alain Bechade, de Philippe Pelletier à Thierry Laroue-Pont, de Bernard Bled à Christian de Gournay, d’Olivier de la Roussière à Christian Terrassoux, de Claude Cagol à Jean-François Gabilla et on en oublie… beaucoup !). Et les discours ! Une fois n’est pas coutume, rendons grâce à Christine Boutin qui a su prendre le ton juste pour parler de Joëlle Chauvin : la Bourgogne (Jean-Pierre Soisson était au premier rang des invités), la cuisine, le charme, l’engagement associatif ô combien), les Pierres d’or (bien méritées). Bref, la ministre a composé un joli portrait, avec humour (lorsqu’elle souligna que Joelle avait une “bonne presse” – ce qui est vrai !- ajoutant avec un sourire : “vous avez de la chance”…). La récipiendaire répondit avec ce ton qui est bien à elle et avec cette modestie de “terrienne”, de bourguignonne qui sait ce que veut dire le travail et l’amitié. Elle a beaucoup parlé des autres, de ceux avec qui elle travaille (coup de chapeau à son assistante, Geneviève Marc qui travaille avec elle depuis 38 ans !), de ceux qu’elle estime et de ceux qu’elle aime. Et pouvoir saluer sa maman, au 1er rang, à un aussi beau moment représentait, on le sentait bien, une satisfaction profonde. Bref, on était bien heureux, en reprenant son manteau et en se lançant dans les rues glacées, d’avoir vécu ce moment chaleureux où toute une profession a pu dire son respect, et au-delà son amitié, à une grande dame du secteur.
Pierres d’or : le vote en ligne, ça marche !
Mercredi 10 décembre 2008
Mis en ligne hier sur immoweek.com, le vote en ligne pour les Pierres d’Or 2009 a démarré sus les chapeaux de roue : plus de 320 votes ont été enregistrés en 12 heures, ce qui laisse présager une participation record. Il faut dire que la sélection du jury est intéressante, avec des pros très reconnus et d’autres… qui ne demandent qu’à l’être ! Si vous n’avez pas encore accompli votre “devoir ” électoral, connectez vous sur immoweek.com (rubrique awards). Et participez à ce “grand rendez-vous” des pros de l’immobilier !
Il n’y a plus de ministre du Logement
Jeudi 4 décembre 2008
Le ministère du Logement a toujours vécu difficilement : parfois autonome, parfois rattaché à l’Equipement (voire aux Affaires sociales), parfois ministère “plein”, ou “délégué, parfois secrétariat d’Etat, ce portefeuille a rarement attiré les ténors du monde politique. Ce sont plutôt les marginaux de la majorité gouvernementale (d’Hervé de Charette à Marie-Noëlle Lienenmann en passant par… Christine Boutin) qui ont ainsi été nommés. L’évolution de l’heure aggrave cette situation de marginalité. Certes, l’actuelle ministre est “autonome”, elle ne dépend officiellement d’aucun autre ministre. Mais son poids politique faible, la personnalité du chef de l’Etat, persuadé que cette question doit être traitée au plus haut niveau (le sien), sans parler de son cabinet (qui a souffert, et pas seulement de la triste “affaire” Bolufer) ont conduit peu à peu à son effacement quasi-complet de la décision en la matière. Le budget qu’elle contrôle a quasiment disparu puisque c’est désormais le 1 % Logement qui finance Anah et Anru. Et les grandes décisions sont ouvertement préparées et annoncées ailleurs, c’est à dire à l’Elysée (mais aussi à Bercy !) : Nicolas Sarkozy annonce d’ailleurs aujourd’hui ses mesures “Logement”.
Mais comme cela ne suffisait pas, voici notre ministre attaquée désormais sur un autre flanc : celui de Martin Hirsch. Le Haut-commissaire aux soliarités actives contre la pauvreté signait mercredi 3 décembre un long papier dans “Le Monde”, intitulé “ce que j’ai à dire sur les sans-domicile-fixe“. Soulignons au passage que ce texte-programme de qualité (il souhaite “traiter les controverses par des méthodes de consensus”) ne fait jamais référence à l’actuelle détentrice du portefeuille du Logement.. mais bien sur au chef de l’Etat. La messe est donc dite et les mauvaises langues (si nombreuses) ne peuvent s’empêcher de voir aussi dans ce document un acte de candidature…