Avez-vous lu la chronique économique de Pierre-Antoine Delhommais dans “Le Monde”  du 25-26 janvier (c’est grace à Philippe Pelletier, qui a attiré mon attention, que je vous en parle) ? Elle rend un hommage mérité à Maurice Allais, prix Nobel d’économie, qui a été beaucoup décrié à une époque : on déteste toujours les gens qui ont raison trop tôt.  Car les propos cités par notre chroniqueur, repris d’un article publié dans le Figaro en octobre 1998, puis publiés dans un livre “La crise mondiale d’aujourd’hui” (éditions Clément Junglar) sont éclairants. Que dit l’illustre économiste ? “Qu’il s’agisse de la spéculation sur les monnaies ou de la spéculation sur les actions, ou de la spéculation sur les produits dérivés, le monde est devenu un vaste casino où les tables de jeu sont réparties sur toutes les longitudes et toutes les latitudes.”, ajoutant : “l‘économie mondiale toute entière repose aujourd’hui sur de gigantesques pyramides de dettes, prenant appui les unes sur les autres dans un fragile équilibre. Jamais dans le passé une pareille accumulation de promesses de payer ne s’était constatée. Jamais sans doute, il n’est devenu plus difficile d’y faire face. Jamais sans doute une telle instabilité potentielle n’était apparue avec une telle menace d’un effondrement général“.

Pourquoi un tel Cassandre n’a-t-il pas été entendu ? Trop vieux (il aura 98 ans cette année) disaient les uns, trop “libéral” ou pas assez pour d’autres… En tout cas, il est de bonne justice de rendre à Maurice Allais ce qui lui appartient : avoir vu, avant tant de nos distingués (et bavards) économistes, la réalité !

Vraiment noble ?

Mardi 13 janvier 2009

A lire le dictionnaire de la fausse (ou de la vraie, le livre dispose de deux entrées) noblesse (Tallandier), on éprouve un certain malaise.Non point qu’on ne se précipite pour “vérifier” parmi les amis et les connaissances professionnelles, les “vrais” et les faux”. Le culte de la particule est tel dans notre pays que certaine nuit du 4 août n’y a rien changé. Bien au contraire peut être ! On feuillette donc d’abord non sans amusement la “fausse” et on y trouve maintes phrases assassines sur les Galouzeau de Villepin (“famille de traitants bourguignons hissée dans la haute bourgeoisie…), les Giscard d’Estaing (“famille de la bourgoisie du Gevaudan”), les Donnedieu de Vabres (“bourgeoisie de robe languedocienne”) et autres Couve de Murville. Et les Seizille de Mazancourt, Faivre d’Arcier, Poivre d’Arvor, Laborde de Montpezat, Leclerc du Sablon, Maillard de la Morandais ? “Bourgeoisie ” répond impavide ce dictionnaire. Et les Morand de la Perrelle, Raffard de Brienne, Taslé d’Héliand ou Tenaille d’Estais ? “Bourgeoisie” vous dis-je ! Bourgeoisie !

Et c’est là que le bât blesse. A force de se vouloir vexante, l’équipe rédactionnelle (anonyme) finit par etre  blessante, et parfois bête tout simplement ! Le général de Gaulle est donc issu d’une “famille de la bourgeoisie champenoise”, nous l’admettons fort bien puisqu’il fut, en quelque sorte, roi de France. Le maréchal Franchet d’Esperey appartenait à une famille de la “bourgeoisie du Forez”, fort bien ! mais oser écrire que “le maréchal l’a presque anoblie”, c’est navrant ! C’est ce mélange réalisé entre usurpateurs, volant de “vrais” noms et d’autres, utilisant le leur, que le temps a construit (la particule n’ayant jamais été le signe de la noblesse) qui est gênant ! Quoi de commun entre les de Gaulle (on écrit De Gaulle affirme notre dictionnaire) et cette famille Jambon devenue Tallien de Cabarrus ? Et même dans ce cas, le mépris lu à bien des lignes est insupportable. Ces roturiers répugnants n’ont certes pas tous été anoblis comme cette ribambelle de “vrais” nobles qui ont surtout eu pour mérite d’acquérir des charges anoblissantes sous l’ancien régime. Tous ne sont pas estampillés par l’Association de la noblesse française. Mais on ne peut éprouver qu’un certain malaise face à ce dictionnaire, drôle au début mais qui laisse un goût amer dans la bouche ! Car nous les aimons bien nos Roujou de Boubée, nos Maingard de la Ville ès Offrans, nos Panafieu, nos Girault du Coursac et même nos Bujon de l’Estang ! Ils ne sont pas nobles ? La belle affaire !

couv_fausse_noblesse

Des voeux pour demain

Lundi 5 janvier 2009

Le seul avantage des periodes de crise (économique ou non), c’est de pouvoir, de devoir, de permettre parfois, de se remettre en cause. Cet exercice, qui ne constitue une partie de plaisir pour personne, est cependant indispensable si l’on veut affronter “la suite”. En évitant deux ecueils : croire que tout va changer ou que tout sera pareil… Entre ces deux récifs, on peut faire la part de l’évolution indispensable et, Deo gratias, de ce qui reste constant, ou presque. Mes voeux pour 2009 vont donc à chacun d’entre vous : que cette crise soit une occasion de “mieux faire”, ou autrement. Un joli programme, non ?