Pourquoi il faut lire Rinaldi

Mardi 31 mars 2009

L’actualité (un Mipim tres studieux par exemple) et quelques autres “prétextes” m’ont detourné, pour quelques semaines de ce blog ! Pardon à ceux qui me font l’amitié de s’y intéresser. Pour reprendre le fil de ce dialogue, laissons un instant l’immobilier… pour la littérature. J’ai en effet lu, avec passion, le dernier roman d’Angelo Rinaldi, “Résidence des étoiles” (Fayard). Un chef d’oeuvre de plus pour ce maitre de la langue française. On le sait : il ne faut pas donner d’extraits d’un livre car seule la lecture peut en donner une vision réelle. Mais la tentation est trop belle. Citons, pêle – même : “La haine, cimentant les couples de toute nature aussi fort que son contraire par l’intensité qu’elle engendre, et valant mieux que l’ennui par la sensation de vie qu’elle apporte, peut-être faisait-elle que l’attelage du bar-tabac durait encore“; “Elle se rangeait parmi les femmes grandes, sèches, entre deux âges, sur qui le vêtement le plus coûteux devient anonyme par contagion de la banalité du physique, et dont on estimait sans preuve et néanmoins sans hésitation qu’à deux stations du parc Monceau elle se serait crue à l’étranger“; “Le champagne lui communiquait soudain dans sa plénitude ce sentiment de la légèreté des choses, si jalousé aux autres quand il le devinait, et alors quel dépit à constater qu’il augmentait, dans leurs manières, l’aisance après laquelle il avait toujours couru pour n’en arracher qu’une caricature“. On s’arrêtera là pour conseiller à chacun de se ruer vers ce grand roman, que la critique, à quelques très rares exceptions près, a soigneusement “oublié” de mentionner. Angelo Rinaldi, de l’Académie Française, a signé, essentiellement dans l’Express, les plus beaux articles critiques de la presse française. Mais il n’est pas un courtisan : aujourd’hui, ces “chers confrères” se vengent en ne faisant pas leur métier. Moi qui ne suis pas critique littéraire, je puis vous dire : lisez sans tarder le dernier Rinaldi, ou plutot dégustez le !

Gratuit ? Sans valeur ?

Mercredi 4 mars 2009

De Frédéric Mitterrand, dans le Monde : “gratuit, cela veut dire que les choses n’ont pas de valeur. je crois à la vertu de l’effort”. Certes, le nouveau directeur de la Villa Medicis, parle des musées mais c’est une phrase, de valeur plus générale, à méditer. En particulier, pour la presse et l’information.

Liberation titrait triomphalement hier sur l’idée de bloquer les loyers, alors que “Clameur” faisait sa traditionnelle (et indispensable) présentation sur l’évolution des loyers. L’idée du blocage est tellement bête, elle a donné tellement d’effets desastreux lorsqu’elle a été mise en place, ici ou ailleurs, qu’elle avait pour l’essentiel disparu du paysage. Mais, crise oblige, on ressort les vieilles lunes pour les moderniser et les rendre attractives. Car, comme toutes les idées simples (les loyers augmentent trop vite pour les plus modestes, bloquons les… et supprimons le problème, et donc les injustices), elles sont trop belles pour être vraies. Car s’il suffisait de bloquer administrativement les prix pour rendre la vie “plus juste”, la France aurait été le symbole même du bonheur locatif pendant de longues années, comme l’Union soviétique d’ailleurs. Las, la “potion magique” ne fonctionne pas. .

En revanche, il faut mettre une nouvelle fois rendre hommage au travail formidable accompli par Clameur. Et Clameur, c’est Michel Mouillart. On doit mesurer ce qu’il a fallu d’énergie, de patience et de ténacité à ce professeur, à l’allure débonnaire, et aux convictions bien ancrées, pour convaincre les administrateurs de biens, les chambres de propriétaires , et bien d’autres aujourd’hui, de lui confier “leurs” resultats pour créer un veritable outil, scientifiquement conçu, et disposant d’une base statistique sans aucun équivalent. On trouvera une analyse des chiffres 2008 dans “Profession Logement” et ailleurs. Mais ce qui compte, avant tout, c’est de disposer d’un instrument fiable. Car connaître les marchés, c’est beaucoup plus utile et efficace pour les orienter, que de les “bloquer” !