Boutons Boutin… dans les Yvelines ?
Mardi 26 mai 2009
On connait le slogan utilisé par certains opposants à l’actuelle ministre du Logement : “Boutons Boutin !”. Pour eux, et pour quelques autres (qui ne pensent cependant pas que l’actuelle détentrice du portefeuille est responsable de tous nos malheurs, pas plus que son départ ne résoudrait tous les problèmes), les rebondissements du dossier des Yvelines fait naître quelques espérances. En effet, la rapidité avec laquelle le préfet du département a pris acte de la démission d’office du président du conseil général, Pierre Bédier (dont la Cour de cassation a confirmé la semaine dernière la condamnation pour corruption passive et abus de biens sociaux) a permis à Christine Boutin, première vice-présidente de l’assemblée départementale, de se proclamer présidente par interim. Elle aura donc à organiser la cantonale partielle nécessaire au remplacement du dit Pierre Bédier à Mantes-la-Jolie. Un bel intervalle qui peut permettre à la ministre de prendre la main et de s’imposer dans un département qu’elle convoite depuis de longues années (déjà en 2005, elle avait tenté sa chance sans succès). Sachant qu’il s’agit d’une très riche collectivité, qui compte en ses rangs quelques beaux poids lourds de la politique (dont le président du Sénat, Gerard Larcher), il y aurait là une jolie compensation pour une ex détentrice d’un portefeuille ministériel. En tout cas, à l’Elysée, on se plait à le penser, voire à le murmurer… Mais, avant chaque remaniement, les murmures sont toujours très nombreux.
La crise donne du temps… pour réfléchir !
Mercredi 20 mai 2009
Reprenons, pour les non abonnés à Profession Logement (on les plaint !) notre edito de cette semaine qui vante les merites de deux expos qu’on incite instamment les pros, et tous les autres, à visiter ! On y apprend beaucoup et on y imagine aussi pas mal…
On peste assez souvent, dans ces colonnes, contre le conservatisme architectural ambiant pour tresser des couronnes aux initiatives qui vont à son encontre. L’ exposition « Le Grand Pari(s) » qui présente, à la Cité de l’architecture (un musée qu’il FAUT absolument visiter), les propositions de dix équipes pluridisciplinaires sélectionnées dans le cadre de la consultation initiée par le président de la République. Citons leur nom – ils le méritent bien : sir Richard Rogers (Rogers Stirk Harbour & Partners / London School of Economics / Arup); Yves Lion (Groupe Descartes); Djamel Klouche (l’AUC); Christian de Portzamparc (Atelier Christian de Portzamparc); Antoine Grumbach (Agence Grumbach et associés); Jean Nouvel, (Ateliers Jean Nouvel /Michel Cantal-Dupart / Jean-Marie Duthilleul); Bernardo Secchi et Paola Vigano(Studio 09); Finn Geipel (LIN); Roland Castro (Ateliers Castro / Denissof / Casi); Winy Maas (MVRDV avec ACS + AAF). Il ne s’agit pas d’une expo “comme les autres” mais bien de présenter dix scénarios pour la métropole parisienne; le tout dans la célèbre collection de moulages de monuments français. Bref, la confrontation du passé et de l’avenir. C’est le moment idéal (en période de crise, il n’est pas absurde de réfléchir pour préparer demain, on en a plus le loisir qu’en plein boum) d’aller à la cité de Chaillot pour découvrir, critiquer (bien sûr), admirer (parfois) les idées de nos architectes. Bien sur, tous ces scenarii ne s’accompliront pas. Bien sur, ils contiennent leur part de rêve voire d’utopie. Mais leur confrontation est extraordinairement stimulante et même, parfois, exaltante.`
Et comme nous sommes sur la colline de Chaillot, rendons hommage à une exposition plus modeste, mais non moins intéressante, celle organisée (avec, notamment, le mécénat intelligent de la Fondation Bouygues Immobilier) sur le thème “habitat écologique : quelles architectures pour une ville durable ?”. Que disent les organisateurs ? “ Les projets d’éco-habitat en cours et les réalisations environnementales du secteur tertiaire qui terminent l’exposition ont été choisis pour donner envie à chaque visiteur de passer à l’acte à son échelle”. Passer à l’acte ! Une bonne idée à l’image du travail remarquable de Philippe Pelletier à la présidence du Comité stratégique du « Plan bâtiment Grenelle » qui s’emploie, non sans succès, à faire bouger les choses.