Bonnes vacances

Vendredi 24 juillet 2009

Comme beaucoup d’entre-vous (c’est un souhait), je pars en vacances. Ce blog s’interrompt jusqu’à la fin du mois d’août. C’est donc le temps de se souhaiter… du temps pour être libre ! Que vous soyez loin de Paris ou pas si loin, que ce moment de repos et d’évasion soit une période de partage familial ou amical voire d’aventure ! Et puis qu’il nous donne à tous l’envie de revenir. Car, comme l’écrivait Paul Morand : “on ne saurait aller chercher trop loin le plaisir de rentrer chez soi” !

Rue Baudelique, vous connaissez ?

Mardi 21 juillet 2009

La rue Baudelique, vous connaissez ? A moins d’habiter ce coin du 18ème arrondissement, il y a peu de chances que vous ayez beaucoup entendu parler, jusqu’à présent, de cette artère à qui l’on a donné le nom… de l’ancien propriétaire des terrains ! Ah ces sacrés proprios ! L’affaire, intelligemment montée, de “l’occupation” par les sans papiers délogés manu militari de la Bourse du travail, du gros bloc d’immeubles de la Caisse primaire d’assurance-maladie (CPAM) en cette modeste rue, est symbolique. Aujourd’hui, les habiles communicants n’attaquent plus les petits propriétaires mais les bons gros, et de préférence ceux qui ont une connotation “sociale” (une vengeance contre la CGT ?), ceux qui, il est vrai, trop souvent, utilisent bien mal leur patrimoine. Le seul point positif (côté immobilier) de ce dossier pourrait être une rationalisation par nos chères (trop chères) structures para publiques de leur pléthorique patrimoine qu’elles laissent trop souvent dormir…  Alors, bien sûr, la CPAM de Paris “a saisi le juge des référés pour occupation illicite de ses locaux (…) afin de [lui] permettre de poursuivre la procédure de vente de l’immeuble (…) qui était en bon état, à partir de l’estimation des Domaines à 35,2 millions d’euros”, a-t-elle précisé. On voit bien le but des organisateurs de l’opération (qui, après la Bourse du travail, visent la CPAM). Ne parlons pas -vilain mot- de chantage aux structures “sociales”, mais… Et ne doutons pas que la vente aura lieu avec une société d’HLM…

La parité dans l’attribution des deux ordres nationaux (la Légion d’honneur et l’Ordre national du mérite), et l’élargissement des promotions au monde de l’entreprise, des associations etc…,  voulus par l’actuel président de la République aura eu un effet direct sur les attributions de “ruban rouge” dans le monde de l’immobilier. D’abord, un effet de rattrapage incontestable en faveur du beau sexe qui était, c’est le moins que l’on puisse dire, le parent pauvre des promotions. Après (par ordre alphabétique) Maryse Aulagnon, Anne-Marie de Chalambert, Joëlle Chauvin, Inès Reinmann… pardon à celles que nous oublions !), voici le tour, ce 14 juillet ,d’Arline Gaujal-Kempler.

Cette féminisation, plus que bienvenue, comporte évidemment des conséquences pour les hommes du secteur qui n’ont jamais été “sur-décorés” (classiquement, recevaient le ruban les présidents de fédérations professionnelles [FFB, FPC, FNAIM...] et les “très grands” pros blanchis sous le harnais, mais guère au-delà) : les promotions sont encore moins nombreuses numériquement. On ne citera pas de noms mais il est quand même étonnant que certains parcours professionnels de grande qualité n’aient pas été à ce jour récompensés, ni par un ruban bleu (le Mérite) ni par un ruban rouge !

Qu’on ne s’y méprenne pas : les critiques envers les “hochets” ont toujours fleuri (surtout de la part de ceux qui ne sont pas décoré bien sûr), insistant, avec raison, sur la vanité humaine. Mais recevoir une récompense de la République, distinguant un travail de qualité, une action collective, une utilité sociale est une belle et bonne chose, certainement pas méprisable. Souvenons d’ailleurs que les Soviétiques (qui chantaient à plein poumon “ni Dieu, ni César, ni tribun“) ont été les champions toute catégorie de la médaille qu’ils distribuaient beaucoup. Aujourd’hui, la sélection dans l’attribution des ordres nationaux est importante : restent bien sur des injustices -inévitables ! – mais l’apparition des professionnelles est une -très – bonne chose. Reste à opérer cette mue au moment des “Pierres d’Or”. Nous tâcherons d’y veiller…

Christian Julienne est un libéral (un ultra-libéral, même, pouvons nous dire sans que ce terme puisse, je pense, le choquer) : il a, il y a quelques semaines,  publié un point de vue à lire, “Comprendre la crise du logement” aux Belles Lettres. Sa contribution à un débat trop éteint à notre goût mérite d’être soulignée, même si nous n’en partageons pas toutes les préconisations ou les analyses. Disons, d’entrée de jeu,  que la proposition, défendue par le livre, de revenir sur la loi locative actuelle me semble le type même de la mauvaise idée, politiquement et socialement parlant. Parce que revenir à la “guerre locative” serait politiquement désastreux pour le gouvernement, et le Parlement, qui se lanceraient dans cette aventure. L’auteur semble oublier qu’il a fallu toute la diplomatie de certains (citons au premier chef Philippe Pelletier qui a été un artisan clé de la paix locative) pour parvenir à un équilibre forcément insatisfaisant mais dont le grand mérite est, d’abord, d’exister.

On trouvera aussi dans ce “Comprendre...”, une défense, bien logique pour un libéral, du marché : “ce que comprend mal l’opinion – comme nos décideurs politiques – c’est que l’habitat, le logement est un marché. La facilité de circulation dans le parc – 31 millions – est beaucoup plus importante que la construction neuve (…° c’est cette mobilité, c’est l’amélioration constante du parc, comme son agrandissement par la construction neuve, qui assurera le bon logement des Français. Et ce sont tous les freins mis à la mobilité qui provoquent les crises que connaît le marché du logement“. CQFD. On notera également une charge (bien vue) sur le monde HLM, la plaidoierie classique pour une “aide personnelle unique”, une critique sans nuance de l’action de la Fondation abbé Pierre, du DAL etc…, et, mode oblige, la défense d’un “urbanisme vert”, que tout le monde appelle de ses voeux. Bref, un ouvrage intéressant, même s’il est parfois irritant, à proposer au débat. On attend, non sans impatience, le point de vue d’un opposant sur le sujet. Si, au parti socialiste, par exemple, on s’intéressait parfois, aux questions de fond…

Une encyclique du Saint Père : a priori, peu de choses qui peuvent concerner ce blog, quel que soit le respect filial que l’on porte au successeur de Pierre. Pourtant, dans “Caritas in veritate”, le Pontife aborde les questions économiques et sociales. Et même un sujet qui, on le sait, nous préoccupe : celui de la gratuité. Citons Benoit XVI : “le marché de la gratuité n’existe pas et on ne peut imposer par la loi des comportements gratuits. Pourtant, aussi bien le marché que la politique ont besoin de personnes ouvertes au don réciproque“. Le don reciproque ! Superbe formule et très bel objectif de vie ! Quant à la gratuité dans le monde des affaires, elle n’est qu’un leurre bien sûr. C’est pourquoi, comme l’actuel ministre de la Culture, comme Alain Weil, l’homme de medias bien connu, nous sommes hostiles à cette fausse gratuité qui laisse croire au client qu’il ne paie rien… et que donc l’information ne vaut rien non plus. Or, si le recopiage de dépêches et de communiqués de presse est une activité qu’on peut pratiquer presque gratis pro Deo, la recherche d’informations de qualités a, elle, un coût. Son financement par la seule publicité est suicidaire : la situation actuelle le montre sans ambages, dans un temps de basses eaux économiques. Vouloir la gratuité dans le monde de l’info B2B part de la meme idée que de tenter d’imposer un système de petites annonces, sur le modèle de “Particulier à Particulier”, dans le monde de l’immobilier d’entreprise. C’est, me semble-t-il, partir d’une analyse fondamentalement fausse qui est de croire que l’on a besoin de plus d’amateurs alors que les marchés n’ont jamais eu autant besoin de professionnels. Dans le domaine de l’information, c’est la même chose. Et citons un grand Italien, Cesare Pavese qui dans “Le métier de vivre” (un beau titre, non ?), affirmait : “les choses gratuites sont celles qui coûtent le plus cher”. De quoi faire un bon slogan….

La honte des maisons-cages

Lundi 6 juillet 2009

Il faut lire, dans Le Monde du 4 juillet, l’excellente correpondance de Florence de Changy, intitulée “Maisons-cages à louer à Hongkong”. Notre consoeur y explique, sans pathos, la vie dans ces taudis répugnants : “une salle dortoir accueille une demi-douzaine de lits superposés, grillagés, sur l’extérieur, avec une petite porte-fenetre sur la “façade” du lit-maison“. Et une photo illustre la honteuse réalité de ces lits loués la bagatelle 150 euros par mois (multipliez par douze et calculez la rentabilité de l’endroit) ! L’article ne manque pas de souligner que dans Hongkong, maintenant pleinement chinoise (et donc communiste bien sur), “territoire où le PNB par habitant est supérieur à celui de la Suisse“, “la perennité des maisons-cages (…)  reste, pour certains une énigme, pour d’autres un scandale“. Choisissons ce dernier qualificatif, et applaudissons le conseil économique et social des Nations unies d’affirmer que “les maisons-cages sont un affront à la dignité humaine” qui, hélas, se perpétue… Et soulignons que, si la France n’a de leçon à donner à personne, il n’est jamais mauvais qu’un journaliste mette en avant ces choses que personne ne veut regarder !

Christian Saint Etienne a remis cette semaine un rapport au président de la République sur l’aménagement du territoire. Hors pour quelques afficionados, ce type de document est en général rapidement mis au placard où il rejoint la longue liste de ses prédecesseurs. Mais il n’est pas inutile de lire ce texte signé  par ce talentueux professeur au Cnam, membre du Comité d’analyse économique, moins dans sa partie (un chouia théorique pour nos cervelles limitées) purement administrative que dans sa défense et illustration des métropoles. Notre auteur écrit ainsi : ” Ce phénomène de croissance métropolitaine doit être bien compris : il ne s’agit pas  d’accélérer un processus d’agglutination mais d’accompagner une tendance forte en  favorisant quand c’est possible la masse critique et l’excellence internationale et d‘interconnecter ces ressources dans des zones denses conçues pour assurer une mobilité maximale car c’est la mobilité en zone dense qui multiplie les opportunités de contacts entre les membres des zones denses, les habitants des zones diffuses bénéficiant de ces opportunités lorsqu’ils se rendent dans les zones denses à condition qu’elles soient facilement accessibles. La création de richesses naît de la multiplication des opportunités de contacts. Empêcher la densification et gêner la mobilité, c’est freiner la croissance. C’est ainsi que les métropoles modernes en développement rapide multiplient les voies de communication radiales et circulaires, en intensifiant autant que possible les moyens de transport collectifs pour éviter les transports individuels inutiles. L’intensification des déplacements collectifs n’est possible que si l’on réussit à donner suffisamment d’informations en temps réel aux individus pour qu’ils puissent intégrer le déplacement collectif comme un moment de leur mobilité personnelle. C’est cette maîtrise conjointe des systèmes de transport et des systèmes d’information permettant à chacun d’optimiser ses déplacements qui rend possible l’avènement de la métropole moderne“. Voilà des données qui peuvent intéresser bien des pros de l’immobilier. Le rapport insiste aussi sur la nécessité d’un Etat “stratège“. Et de conclure : “L’idée clé de ce rapport est de passer d’une approche fondée sur des institutions et des procédures à une approche fondée sur des acteurs et des stratégies.”.  Nul doute que les mots stratèges et stratégie plairont en haut lieu. Nul doute aussi que l’idée de densification doit être entendue. Et on retrouve – quel hasard ! – nos chères tours. CQFD.

Saluons avec plaisir, et sans flagornerie, la très grande constance de Nicolas Sarkozy dans sa défense et illustration de l’architecture et de sa composante moderne, les tours. Lors du débat sur La Défense d’hier, le président de la République a d’abord défendu le rôle culturel, et populaire, de l’architecture (de “la culture a disposition du public, sans besoin d’entrer dans un musée” et rappelant que tous les grands desseins s’accompagnent de “geste architectural fort“, citant -souvenir récent ?- Versailles…). Et d’affirmer que ” si l’on veut construire des tours de haute qualité environnementale, il faut desserrer l’étreinte comptable du nombre de mètres carrés pour construire des tours plus hautes, plus larges mais qui émettent moins de CO2, et dont les fluides sont organisés pour l’économie du XXIème siècle et non du XXème“. Et le Président de rappeler que lors de ses voyages, il voyait des “tours formidables” à Londres, en Espagne, en Europe du Nord, en Chine, pendant qu’à Paris, le débat continuait à tourner autour de la… tour Montparnasse. Et de railler le fait que la “question de la densité n’a aucun sens”, affirmant que c’est l’ile Saint Louis qui est le quartier le plus dense de Paris. Oui, nous dit Nicolas Sarkozy, “il y a des tours magnifiques”. Ce constat, on l’a déjà assez défendu ici (on nous les reproche parfois) pour ne pas manquer de se féliciter qu’il soit partagé au sommet de l’Etat. Mais son chef aura encore fort à faire pour faire avancer ce dossier. Il semble bien décidé à n’y pas renoncer. Aidons le…

Guillaume Poitrinal au plus haut

Mercredi 1 juillet 2009

La table-ronde sur l’avenir de La Défense, organisée hier par Patrick Devedjian (bien organisée d’ailleurs) autour du président de la République confirmait, une nouvelle fois, que les temps ont changé. Autour du chef de l’Etat, on trouvait donc naturellement ses ministres (Jean-Louis Borloo, Valérie Pecresse, Benoist Apparu), le président (socialiste) de la région Ile-de-France, classiquement des présidents de sociétés publiques (Guillaume Pepy et Pierre Mongin) mais aussi des intervenants économiques et culturels, pouvant s’exprimer devant Nicolas Sarkozy, selon un dispositif assez nouveau. Parmi eux, Guillaume Poitrinal qui représentait (bien) le monde de l’immobilier et qui a, non sans talent, affirmé sa confiance en la Défense : “Paris, c’est la chance de la France, La Défense, c’est la chance de Paris” a affirmé le président d’Unibail-Rodamco qui a plaidé pour des “tours de grande qualité“, défendant également “un ensemble environnemental remarquable“. La présence de ce grand pro de l’immobilier (notre “Pierre d’Or” 2008) à une telle table est un bon point et une reconnaisssance. Reconnaissance de la dimension immobilière des grandes décisions économiques… et reconnaissance pour ce quadra qui devient, au fil des ans, LE professionnel reconnu du secteur. Plus jeune patron du CAC 40, à la tête d’une foncière européenne majeure, acteur du développement immobilier et commercial d’envergure, discutant aujourd’hui avec le président de la République et le remerciant au nom de tous les architectes, promoteurs et investisseurs : pas mal, non ?