Christian Saint Etienne a remis cette semaine un rapport au président de la République sur l’aménagement du territoire. Hors pour quelques afficionados, ce type de document est en général rapidement mis au placard où il rejoint la longue liste de ses prédecesseurs. Mais il n’est pas inutile de lire ce texte signé  par ce talentueux professeur au Cnam, membre du Comité d’analyse économique, moins dans sa partie (un chouia théorique pour nos cervelles limitées) purement administrative que dans sa défense et illustration des métropoles. Notre auteur écrit ainsi : ” Ce phénomène de croissance métropolitaine doit être bien compris : il ne s’agit pas  d’accélérer un processus d’agglutination mais d’accompagner une tendance forte en  favorisant quand c’est possible la masse critique et l’excellence internationale et d‘interconnecter ces ressources dans des zones denses conçues pour assurer une mobilité maximale car c’est la mobilité en zone dense qui multiplie les opportunités de contacts entre les membres des zones denses, les habitants des zones diffuses bénéficiant de ces opportunités lorsqu’ils se rendent dans les zones denses à condition qu’elles soient facilement accessibles. La création de richesses naît de la multiplication des opportunités de contacts. Empêcher la densification et gêner la mobilité, c’est freiner la croissance. C’est ainsi que les métropoles modernes en développement rapide multiplient les voies de communication radiales et circulaires, en intensifiant autant que possible les moyens de transport collectifs pour éviter les transports individuels inutiles. L’intensification des déplacements collectifs n’est possible que si l’on réussit à donner suffisamment d’informations en temps réel aux individus pour qu’ils puissent intégrer le déplacement collectif comme un moment de leur mobilité personnelle. C’est cette maîtrise conjointe des systèmes de transport et des systèmes d’information permettant à chacun d’optimiser ses déplacements qui rend possible l’avènement de la métropole moderne“. Voilà des données qui peuvent intéresser bien des pros de l’immobilier. Le rapport insiste aussi sur la nécessité d’un Etat “stratège“. Et de conclure : “L’idée clé de ce rapport est de passer d’une approche fondée sur des institutions et des procédures à une approche fondée sur des acteurs et des stratégies.”.  Nul doute que les mots stratèges et stratégie plairont en haut lieu. Nul doute aussi que l’idée de densification doit être entendue. Et on retrouve – quel hasard ! – nos chères tours. CQFD.

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