Christian Julienne est un libéral (un ultra-libéral, même, pouvons nous dire sans que ce terme puisse, je pense, le choquer) : il a, il y a quelques semaines,  publié un point de vue à lire, “Comprendre la crise du logement” aux Belles Lettres. Sa contribution à un débat trop éteint à notre goût mérite d’être soulignée, même si nous n’en partageons pas toutes les préconisations ou les analyses. Disons, d’entrée de jeu,  que la proposition, défendue par le livre, de revenir sur la loi locative actuelle me semble le type même de la mauvaise idée, politiquement et socialement parlant. Parce que revenir à la “guerre locative” serait politiquement désastreux pour le gouvernement, et le Parlement, qui se lanceraient dans cette aventure. L’auteur semble oublier qu’il a fallu toute la diplomatie de certains (citons au premier chef Philippe Pelletier qui a été un artisan clé de la paix locative) pour parvenir à un équilibre forcément insatisfaisant mais dont le grand mérite est, d’abord, d’exister.

On trouvera aussi dans ce “Comprendre...”, une défense, bien logique pour un libéral, du marché : “ce que comprend mal l’opinion – comme nos décideurs politiques – c’est que l’habitat, le logement est un marché. La facilité de circulation dans le parc – 31 millions – est beaucoup plus importante que la construction neuve (…° c’est cette mobilité, c’est l’amélioration constante du parc, comme son agrandissement par la construction neuve, qui assurera le bon logement des Français. Et ce sont tous les freins mis à la mobilité qui provoquent les crises que connaît le marché du logement“. CQFD. On notera également une charge (bien vue) sur le monde HLM, la plaidoierie classique pour une “aide personnelle unique”, une critique sans nuance de l’action de la Fondation abbé Pierre, du DAL etc…, et, mode oblige, la défense d’un “urbanisme vert”, que tout le monde appelle de ses voeux. Bref, un ouvrage intéressant, même s’il est parfois irritant, à proposer au débat. On attend, non sans impatience, le point de vue d’un opposant sur le sujet. Si, au parti socialiste, par exemple, on s’intéressait parfois, aux questions de fond…

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