Rendons à Cesar… et ne cédons pas à la jalousie ! Nos “grands” confrères du “Moniteur” organisent LA session de référence sur le Grenelle de l’environnement et l’immobilier et le bâtiment. Sur deux jours (les 14 et 15 octobre prochains), les dits confrères, menés par Bertrand Fabre, directeur des rédactions du groupe (qui montent l’opération avec l’Ademe) recevront tous ceux qui comptent en cette matière. Si l’on attend logiquement la secrétaire d’Etat Chantal Jouanno , ainsi que celui qui mène la danse sur le sujet, c’est-à-dire l’incontournable Philippe Pelletier,  président du Comité stratégique du plan Batiment Grenelle, la place manque dans ce blog pour donner la la liste de tous les participants (sur l’ensemble des thèmes concernant le tertiaire, l’habitation, la “nouvelle donne réglementaire” etc…). Pour clore le tout, la réunion au sommet se terminera par la visite d’un chantier “parmi trois réalisations exemplaires en région parisienne”. Bref, on s’incline devant cette initiative de qualité et on conseille (en rappelant que ce blog est libre de toute publicité !) à tous ceux que ce sujet passionne, d’y aller.

  • “J’ai la conviction profonde que nous ne changerons pas nos comportements si nous ne changeons pas la mesure de nos performances”: commentant la remise par la commission Stiglitz de son rapport sur la mesure de la performance, le président de le République a d’entrée de jeu précisé son point de vue. Nous le partageons, même si personne ne doit se cacher que les bons vieux indicateurs ont aussi leur utilité.  Car si chacun peut affirmer que l’on est plus heureux au Botswana qu’en France, il est plus difficile de tricher avec le PNB de ces deux Etats. En matière de presse et de diffusion, on connait depuis longtemps ces aimables exagérations qui permettent de “gonfler” un peu les données à destination des publicitaires (cible favorite de ces bons gros mensonges). Il faut toujours cependant rester crédible et on reste interdit, il faut bien l’avouer, devant certains chiffres colportés ici ou là. Ainsi certains medias professionnels ont ils davantage “d’abonnés” (gratuits bien sûr, les plus fidèles, c’est connu…) que toute la profession compte de membres ! Ce miracle reste à ce jour sans explication (peut être abonne-t-on d’office des fichiers entiers : les habitants d’Abbeville (Somme), charmante ville qui compte plus de 24 000 habitants ?).  Mais rassurez vous : si je vous dis que ce blog a 26 000 “fidèles”, tous professionnels du secteur de l’immobilier d’entreprise, vous n’aurez pas vraiment pas à me croire ! Qui me croirait d’ailleurs ?

Web, gratuité : arrière toute !

Jeudi 17 septembre 2009

Ne résistons pas au plaisir de citer une consoeur, avisée, de Télérama. Veronique Brocard, dans ce magazine du 16 septembre se demande en effet : “Mais qu’est-ce qu’ils ont, ces sites d’infos initialement conçus pour le Web et exclusivement pour le Web ?“. Et de citer bakchich.info, qui lance un magazine la semaine prochaine et Mediapart qui y réflechit très sérieusement…. “La raison de ce changement est simple : ces sites d’infos en ligne n’ont pas trouvé leur modèle économique et espèrent ainsi se sauver d’une déroute financière. Retour donc à une presse avec Gutenberg“. Et la journaliste de noter également un joli salto arrière : celui de Vincent Bolloré, créateur des gratuits Direct matin et Direct soir et qui “pense lancer un quotidien… payant“.  Buvons, avec Télérama, du petit lait. En ces périodes de crise, c’est excellent pour la santé !

C’est notre confrère Bertrand Desjuzeur qui le note cette semaine dans son edito de Jurishebdo : “les loyers d’habitation baissent, le blocage demeure“. Face à la diminution des prix des loyers d’habitation, enregistrée par l’indispensable observatoire Clameur (qu’attend-on pour faire de même dans le parc public : mon petit doigt me dit qu’on y réflechit en haut lieu, quelle bonne idée !), la question logique vient en effet à l’esprit: “pourquoi bloquer des loyers qui baissent ?”. C’est que le décret de blocage des loyers en région parisienne (on mettra au tableau noir un panel de pros pour savoir exactement en quoi il consiste : bon courage !) n’a plus de rapport avec la réalité des marchés. Il représente un symbole. C’est le problème bien connu des réglementations de prix : sortir du “blocage”, c’est une décision toujours très douloureuse pour un gouvernement. C’est s’exposer à une critique évidente. Et puis, le dit “blocage” n’a plus d’incidence réelle sur le niveau des prix dans l’agglomération capitale (on s’en serait rendu compte depuis longtemps…). C’est donc une pure mesure symbolique, qui n’a plus de sens, ni d’efficacité. On peut donc parier qu’elle sera encore reconduite longtemps….

Je n’avais pas été (et j’avais eu tort) à l’inauguration de l’exposition “vers de nouveaux logements sociaux”, à la Cité de l’architecture (en juin dernier mais l’expo dure… jsuqu’en juillet 2010). Je viens de rettraper cet oubli… et je vous engage, si ce n’est déjà fait, à vous rendre place du Trocadero…Une belle quinzaine de projets (citons les noms de leurs auteurs : Frédéric Borel Architecte / Atelier d’Architecture et d’Urbanisme Marjolijn Boudry et Pierre Boudry / Agence Bernard Bülher et N°5 Marie Bülher Architecte / Chartier- Corbasson architectes / François Delhay, Sophie Delhay, Laurent Zimny, Franck Ghesquière, David Lecomte / Architectures Anne Démians, Rudy Ricciotti architecte, Francis Soler  Architecte et LIN / Frédéric Druot Architecture, Lacaton & Vassal Architectes / Sophie Dugravier et Emmanuelle Poggi / Fantastic stéphane maupin / Edouard François / Philippe Gazeau Architecte  / Hondelatte Laporte Architectes / Jakob+MacFarlane / Agence Nicolas Michelin & Associés / Kazuyo Sejima + Ryue Nishizawa – S A N A A / Tétrarc), beaux et inventifs, montrent que l’innovation n’a pas totalement disparu du monde HLM. Ces seize réalisations en cours, présentés de manière accessible meme aux non “pros”, montrent que l’habitat social peut continuer à jouer le rôle d’incitateur, de créateur d’idées. Et pas seulement dans de petites unités de dix logements. Car, s’il est bon de critiquer le temps des “barres” HLM, il faut aussi se souvenir qu’à l’époque, on offrait ainsi des centaines de milliers de logements “sociaux” chaque année. Et que la quantité n’est donc pas forcément  l’ennemie de la qualité…

Cité de l’architecture & du patrimoine , Palais de Chaillot – 1 place du Trocadéro – Paris 16e – Ouverture tous les jours de 11h à 19h – le jeudi jusqu’à 21h – fermeture le mardi

Les éditions Actes Sud rééditent avec raison le très intéressant essai de Nicolas Chaudun, intitulé “Hausmmann, Georges Eugène, préfet-baron de la Seine“. Il ne s’agit nullement d’une biographie complète, encore moins d’une hagiographie (notre auteur ne cache pas les travers du grand homme : “nul à sa place, ne se serait pris pour autre chose qu’un demi-dieu“…, soulignant son “inclination quasi obsessionnelle pour la perspective“, son “autoritarisme“, lui reprochant, entre beaucoup d’autres, “douze hectares de pure poésie” sacrifiés dans les jardins du Luxembourg et tant de destructions…). Il ne s’agit pas davantage de lui attribuer des mérites qu’il n’a pas : les plans, projets et autres idées pour la capitale étaient, pour la plupart prêts avant le Second empire : il ne les a pas inventés mais a su, avec talent et obstination, les mettre en oeuvre. Le propos est de montrer comment (et au milieu de quelle hostilité!), notre homme, choisi et maintenu plus de 16 ans à ce poste par Napoléon III,  aura “percé 64 kilomètres de voies nouvelles, suscité la construction de plus de 40 000 immeubles (certains auteurs donnent meme le chiffre dépassant les 100 000 immeubles construits entre 1852 et 1870 !), multiplié par trois le nombre de réverbères à gaz, planté 80 000 arbres d’alignement -cinq fois plus aux bois de Boulogne et de Vincennes – et creusé 585 kilomètres d’égouts ou de collecteurs souterrains“. Un bilan chiffré (on peut y ajouter, en passant, le doublement de superficie de la capitale) qu’il n’est guère besoin de commenter. Il serait (trop) cruel de comparer avec le nombre d’immeubles construits à Paris depuis 16 ans…

Dans cet état des lieux sans complaisance (qui liste, non sans raison, les “vices de la ville haussmannienne“, que les artistes de l’époque -et beaucoup d’autres- brocardèrent férocement), dans cette critique du “pacha vaniteux” qu’était aussi le (soi-disant) baron, Nicolas Chaudun montre aussi les réussites et les qualités de l’homme, dont son intégrité, pourtant très contestée à l’époque. Une de ses conclusions concerne pourtant très directement notre temps : “l’extraordinaire pérennité du sytème urbain qu’il a mis en oeuvre ne démontre qu’une chose  : l’immobilisme non moins extraordinaire de l’urbanisme parisien  jusqu’à l’immédiat après-guerre“. Il nous semble que cet immobilisme a très peu cessé (un temps dans les années 50, puis un court moment dans les années 70 peut-être). Depuis, il reste, hélas, de saison. Nous faut-il alors un Napoléon III ou un Haussmann ? Ce qui semble en tout cas acquis, c’est que sans un peu “d’autoritarisme”, et une intervention forte de l’Etat, le retour du mouvement sera bien difficile. Tout le pari du “Grand Paris” est là…

Hausmmann, Georges Eugène, préfet-baron de la Seine par Nicolas Chaudun (Actes Sud, 2009, 25 euros).

A noter : une exposition présente, au mois de septembre, de belles photos de Marville, sélectionnées par Patrice de Moncan, sur le Paris du temps d’Haussmann…

Les points d’accord entre PS et UMP ne sont pas si nombreux qu’il est intéressant de les relever… surtout lorsqu’il s’agit de matière immobilière, en l’occurence de  politique immobilière de l’Etat. Ainsi notre confrère Bertrand Desjuzeur (Jurishebdo) attire-t-il justement notre attention sur le rapport, remis début juillet (et que nous avions quelque peu négligé) par la sénatrice socialiste Nicole Bricq (par ailleurs membre du Conseil de l’immobilier de l’Etat), intitulé “Etat locataire : une gestion à bâtir” (http://www.senat.fr/rap/r08-510/r08-510.html). Outre la qualité du travail effectué (avec des visites”sur place”, des verifications poussées, des remarques intelligentes), on ne peut être que frappé part la cohérence des propos de la sénatrice d’opposition et de notre “Pierre d’Or du professionnel de l’année 2009″, le ministre du Budget Eric Woerth. On objectera qu’il s’agit là de remarques de bon sens, visant à mieux utiliser les deniers publics. Certes. Mais il s’agit aussi de noter que désormais, tout le monde ou presque est d’accord sur l’urgence de la mise en oeuvre d’une véritable politique immobilière de l’Etat. Et c’est très bien ainsi.

On rendra un autre hommage à Nicole Bricq : son attachement à France Domaine pour “épauler” les administrations ne l’aveugle pas quant à la nécessaire présence de pros du secteur. Il ne serait pas en effet inutile, selon nous, de faire appel, aux conseils, qui ne sont pas là que pour faire réaliser les meilleures affaires aux propriétaires… En utilisant la saine concurrence existant entre différents intervenants, nul doute que l’Etat pourrait profiter habilement du savoir-faire des bons professionnels du secteur. On reve de voir un prochain rapport où l’intervention de conseils avisés aura permis à l’Etat de faire d’habiles économies. Il est vrai que, souvent, dans de tels cas, on n’en parle pas…